Conclusion

Lorsque j'ai entrepris ce travail d'analyse, je doutais un peu de la pertinence d'effectuer une objectivation de la musique électroacoustique. En effet, il était impossible pour moi d'imaginer représenter l'infini du monde sonore avec des symboles et des grilles. J'avais l'impression que le travail de Schaeffer et de Roy avait été fait un peu par jalousie du monde instrumental qui, lui, a sa notation depuis longtemps.

Là où je m'étais égaré par contre, c'est dans les fonctions compositionnelles qui, elles, sont facilement identifiables. Car je crois qu'il est important de parler la même langue pour se comprendre. Maintenant, je comprends que le travail qui a été fait (et qui se fait encore) sur l'élaboration d'une grammaire et d'une syntaxe électroacoustique est vital à la survie de cette musique. Je pense par contre que nous sommes destinés à utiliser une langue qui contient tellement de mots qu'ils sont impossibles à nommer et qu'il est donc futile d'essayer d'élaborer une méthode de classement qui engloberait tout le sonore en étant pratique d'usage.

Je crois encore que le travail de Schaeffer essayant de confiner tout le sonore dans des boîtes n'a que très peu d'utilité pratique. Je vois par contre le travail de Stéphane Roy comme étant beaucoup plus intéressant puisqu'il nous donne des outils concrets pour élaborer la forme de notre musique.

Ce travail m'a aussi permis de découvrir plus en profondeur une oeuvre que j'appréciais déjà. J'ai pu constater, au cours de mon analyse, le degré de composition virtuose qui a été requis (en considérant ou non les outils de l'époque) pour mener cette oeuvre jusqu'au bout.


Edgard Varèse